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(Extrait de "La France et ses colonies", atlas illustré, édition
de 1881, J.Migeon)
Division administrative
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LA MAYENNE |
Chef-lieu : LAVAL, à 281 k. O.-S.-O. de Paris
Population : 351,933 hab.
Superficie : 517,063 hect.
Avant 1790, ce départ. faisait
partie du MAINE (Bas-Maine) et de l'ANJOU. - Cour d'Angers et Académie
de Rennes. - 4è Corps d'armée (Le Mans). - 15è arroniddsement
forestier d'Alençon. - Diocèse de Laval érigé
en 1855.
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de l'arrondt |
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27, 107 h. |
Laval (2), Loiron, Meslay, Montsurs, Sainte-Suzanne |
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7,218 h. |
Cossé-le-Vivien, Craon, Grez-en- Bouère, Saint-Aignan-sur-Roé. |
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10,098 h. |
Ernée, Gorron, Le Horps, Landivy, Lassay, Mayenne (2), Pré-en-Pail, Villaines-la-Juhel. |
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Les Diablintes, tribu de la confédération des Aulergues, occupaient le bas Maine au moment de la conquête romaine. Ils furent attribués à la 3è Lyonnaise. Les vestiges innombrables de la civilisation romaine qui se retrouvent tous les jours à Jublains, camp, théatre, temple, aqueducs, attestent de la splendeur de leur ancienne capitale Neodunum. Dès 460, ils acceptèrent la domination franke; ce fut Regomer, chef mérovingien, qui les gouverna. Charles le Chauve donna à Robert le Fort toutes les provinces entre Seine et Loire pour les défendre contre les Normands, la grande terreur d'alors (863). Le vaillant duc de France succomba dans la lutte, non loin de Segré. Son petit-fils inféoda la Maine au comte Hugues, à la seule charge de l'hommage. Les successeurs de Hugues furent Herbert Eveille-Chien, Hugues II, Herbert II et Gautier (955-1062).
A cette dernière date s'arrête la transmission héréditaire de la province. Elle était devenue la proie des ducs normands, qui la firent passer dans le domaine anglais. Le Maine, impatient de ce joug, se révoltait sans cesse. "Dans l'espace de trois années, il subit six maîtres, qui, les uns et les autres, s'arrogèrent par le fer et le feu une courte puissance." Les sires de Laval se montrèrent toujours disposés à seconder l'inserruction permanente contre les Anglais. En 1189, ce fut le tour de Philippe-Auguste. Après avoir conquis le pays sur Henri II, il le restitua à Jean sans Terre, convaincu du meutre d'Arthur de Bretagne (1204). Cete fois, le retour à l'Etat fut définitif. Mais le régime des grands vassaux n'était pas arrivé à son terme : saint Louis donna le Maine à son frère Charles, tige de la 2è maison d'Anjou (1246). A partir de ce moment, et pendant deux siècles et demi, soit comme fief unique, soit comme annexe de l'Anjou, il fut possédé par des princes du sang royal, jusqu'au moment où Charles IV, roi de Naples et de Sicile, comte du Maine, institua Louis XI son légataire universel (1480). Cependant les Anglais avaient recouvré le Maine après le traité de Brétigny. Dépossédés par Du Guesclin, ils revinrent une dernière fois en 1417, et, sous les ordres de Salisbury, ils reprirent possession de Laval, Mayenne, et Château-Gontier. Henri VI les rappela (1443), lorsqu'il épousa Marguerite d'Anjou ; puis il se repentit d'avoir si vite abandonné le Maine, cette clef de la Normandie ; mais le roi de France ne lui laissa pas le temps de rompre le traité de cession (1448). A la fin du XVIè siècle, le Bas-Maine fut de nouv.saccagé par les Anglais, qui étaient venus au secours de Henri IV. Les habitants de Laval se firent décimer au port de Raingeard, en 1593. Ce pays est un de ceux qui tinrent le plus longtemps pour la Ligue et, où le protestantisme fit le moins de progrès. Le Cornu du Plessis, commandant des châteaux de Craon et de Montjean (près Laval), ne fit sa soumission qu'en 1598.
Laval fut deux fois traversé par l'armée vendéenne ; la Rochejacquelein y fit frapper 900,000 livres tournois de bons hypothéqués sur le trésor royal, afin d'approvisionner les 30,000 hommes qui le suivaient. La persécution des prêtres et la mort de Louis XVI firent éclater, dans le Bas-Maine, cette guerre de partisans connue sous le nom de Chouannerie (1793), dont la durée s'est prolongée jusqu'en l'an VIII, malgré les manoeuvres habiles du capitaine alsacien Oehler, connu sous le nom de Grand-Pierrot. Cette lutte des Bleus et des Blancs armait souvent les membres d'une même famille les uns contre les autres.
Parmi les hommes célèbres de ce dép., nous citerons : Ambroise DE LORE, garnd capitaine, qui a contribué à chasser les Anglais de France au XVè siècle ; Ambroise PARE, le créateur de la chirurgie en France ; l'historien GARNIER, continuateur de Velly ; le voyageur PYRARD ; P.RIVAULT, littérateur ; les médecins BARBEU, BIGOT, TOUVRI ; René DE CHASSEBOEUF, connu sous le nom de VOLNEY, savant philologue, né à Craon ; M.DE CHEVERUS, le digne évêque de Montauban ; un peintre de talent, Ch. LANDELLE, etc.
TOPOGRAPHIE - Le dép.de la MAYENNE est méditerrané ; il est situé au N.-O., entre 47°45' et 48°33' de lat.N. Bornes: Manche, Orne, Sarthe, Maine-et-Loire, Ille-et-Vilaine, Loire-Infér. Il tire son nom de la Mayenne, riv. qui le traverse du N.-E. au S. - Sol entrecoupé de croupes et de monticules alternant avec d'étroites vallées, arrosé par 1,461 cours d'eau. Le point le plus culminant est à 417 mètres. - Bassin de la Loire. Riv.princip.:Mayenne, Vicoin (navig.) ; Colmont, Ernée, Oudon, Aron, Jouanne, Erve. Etangs assez nombr. - Climat tempéré, assez sain, mais humide. - 10 routes nat., 19 départ. ; 56 chemins de grande communication ; 24 d'intérêt commun ; 1,100 chem.vivinaux.
PRODUCTIONS. - Sols dominants : riche terreau, argileux, pierreux, sablonneux, gravier, bruyères, 24,000 h. Sol en général fertile. - Pays agricole et manufacturier ; agriculture en progrès. Récolte surabondante en céréales; beauc.de lin et de fruits à cidre, pommes de terre (800,000 hectol.). Vins communs ; les plus estimés sont ceux de Saint-Denis d'Anjou. Elève étendue : chevaux estimés ; bonnes espèces de gros bétail ; volailles et abeilles en grande quantité. - Bois, 26,379 h. ; vignes, 129 h. - Exploitat. minérale : fer, anthracite, houille, marbres, pierre à chaux, manganèse, ardoises, pierres de taille (produit annuel: 2,000,000 de fr.à. 5 sources ferrugineuses.
INDUSTRIE ET COMMERCE. - L'industrie a pour branche répandue dans le dép. et fort estimée le tissage des toiles, cotons et autres tissus de fil, autrefois considérable et remplacé aujourd'hui en partie par la fabricat. des cotons et des cotonnades. Viennent ensuite les usines à fer, de nombr. fours à chaux pour les besoins de l'agriculture, les marbreries, les papetreies, les distilleries. - Le commerce exporte grains, bestiaux, bois, toiles, et autres prod.fabriqués. - 215 foires.
INSTRUCTION PUBLIQUE. - 1 Lycée. 2 Collèges. 2 Etabl. second.libres. 1 Ecole normale d'instit. 1 Cours préparat. d'institutr. 7 Pensionn. prim. Ecoles prim. : 238 de garçons, 238 de filles, 58 mixtes. 2 Sémin. 2 Bibliothèques publiques. 2 Sociétés savantes.
LAVAL (Lavallis), ancien chef-lieu d'un comté-pairie érigé en 1429, aujourd.chef-lieu du département, n'a conservé de son ancienne physionomie qu'un donjon du XIIè siècle, une porte gothique, dite Beucheresse, un pont ogival du XIIIè siècle et quelques rues tortueuses. La Mayenne, qui partage la ville en deux parties égales, coule entre de beaux quais de granit. Parmi les mon.remarquables nous citerons : le Palais de Justice, l'hôtel de l'Evêché, le grand Séminaire, l'Eglise romane d'Avesnières et le Viaduc du chem.de fer de l'Ouest, dont on admire les proport. et la hardiesse.
CHATEAU-GONTIER (Castrum Gonterium), chef-lieu de l'arrondissem. le plus fertile de la Mayenne, fut fondé vers 1007 par Foulques Nerra, comte d'Anjou. Le marquisat de ce nom fut érigé en 1647, en faveur de Nicolas de Bailleul, président au parlement de Paris. Les Promenades (dites du Bout-du-Monde), qui s'étendent sur le penchant d'un coteau, servent d'assise à la ville, lui donnent un aspect riant.
MAYENNE (Meduana), ancien chef-lieu d'un duché-pairie érigé en 1573, en faveur de Charles de Lorraine, n'offre rien de bien curieux. On a récemment construit deux beaux pont reliés par des quais. Les restes de l'ancien château servent aujourd'hui de prison. Cette ville doit sa maison commune à Mazarin. La Mayenne, qui commence là à être navigable, y coule entre deux coteaux assez escarpés ; aussi les rues même principales, sont-elles d'un accès difficile.
Citons encore : Evron, ancienne baronnie. Belle église gothique, ville manufacturière. - Craon, ancienne baronnie. Château majestueux du XIIIè sicèle dans une situation admirable, sur les bords de l'Oudon. Belle église Saint-Nicolas. - Ernée, etc.
" Le caractère des Bas-Manceaux
n'est pas sans analogie avec celui des Bretons ; leur activité se
porte plus volontiers vers les travaux de l'agriculture que vers les entreprises
industrielles.
" La possession d'un certain nombres
de métairies équivaut pour eux à un titre de noblesse
; on retrouve dans les rapports du propriétaire et du fermier quelques-unes
des moeurs d'autrefois ; un métayer qui s'entretient avec le propriétaire
des terres qu'il fait valoir ne l'appelle pas autrement que notre maître.
" Le mode d'exploitation le plus
répandu est le métayage ou fermage à moitié.
" Les colons habitent tous au centre
même de leurs terres. On croit que cet isolement contribue à
perpétuer les idées superstitieuses dans les populations
rurales. Ceux qui veulent se faire passer pour sorciers rencontrent encore
beaucoup de crédules. "