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Lundi 20 aout 2001
« L'ex-libris », une librairie à la page
La petite boutique vend dans le monde entier par le biais d'Internet
Il y a trois ans que la librairie-reliure L'ex-libris s'est mise au net. Aujourd'hui, la petite boutique a des clients dans le monde entier et réalise près du tiers de son chiffre d'affaire via Internet.
La plupart ne sont jamais entrés dans sa boutique. Beaucoup n'ont même jamais entendu parler de Laval... Ce sont pourtant des clients réguliers. Mais Daniel Mareau ne les a jamais rencontrés. Certains vivent aux Etats-Unis, d'autres en Australie, ou encore à Tahïti. Collectionneurs, bibliophiles ou simples lecteurs amateurs, ils s'approvisionnent tous chez lui. Lui, le petit libraire de la rue du Pont-de-Mayenne qui vend des livres dans le monde entier depuis qu'il s'est fait une place sur Internet. En se mettant à la page, L'ex-libris, spécialisé dans les livres d'occasions et livres anciens, s'est ouvert de nouveaux horizons. Aujourd'hui, « presqu'un tiers de notre chiffre d'affaire est réalisé sur le net ».
C'est en 1998 que Daniel Mareau et son épouse Noëlle se sont lancés dans l'aventure. Presque par « jeu », reconnaît Daniel. « C'était un peu farfelu pour une petite entreprise comme la nôtre », avoue-t-il. Peu importe. L'expérience de la vente par correspondance avait fait ses preuves. Le couple voulait poursuivre dans cette voie. Le web était là. Pourquoi pas essayer ? C'est avec leur fils, informaticien, qu'ils vont donner naissance à leur site web au mois de septembre de la même année. « Un site maison », dit Daniel. Autrement dit, un site 100 % Mareau, monté sans aide extérieure. Comme « on était déjà informatisé », il a suffi de quelques manipulations pour glisser dans le site le fichier correspondant au stock de livres.
De 3 000 à 4 000 connexions
Bien entendu, « on a ensuite amélioré le site au fur et à mesure ». Les libraires voulaient faire de leur site commercial un site « convivial », et surtout « rapide au niveau de la recherche ». Au fil du temps, les Mareau se sont aussi rendus compte qu'il fallait sans cesse apporter des modifications, des astuces, des nouveautés pour satisfaire l'internaute, lui faciliter la tâche et le fidéliser. « Il faut que ça bouge, que le site soit vivant », explique Daniel. « On effectue une mise à jour mensuelle du stock, on envoie un mail personnalisé pour informer le client des nouveautés, on leur propose des recherches gratuites, etc. ». Les idées ne manquent pas.
Visiblement, les efforts ont payé puisque « lexlibris.com » enregistre « 3 000 à 4 000 connexions par mois ». Un bon score pour une petite libraire lavalloise dont l'initiative a été saluée à plusieurs reprises : prix du développement personnel attribué par la Jeune chambre économique et premier prix régional dans le cadre des trophées des espoirs du commerce électronique. Daniel en sourit. « C'est amusant de concourir avec des grosses entreprises (...) On joue dans la cour des grands ! » se plaît à répéter l'artisan, à la tête de 70 m2 de locaux, boutique et atelier confondus. Pas question de jouer au PDG de multinationale. On peut vendre aux quatre coins du monde sans avoir la grosse tête.
Bien entendu, l'activité du libraire ne s'arrête pas
à Internet. Les participations aux salons du livre ou autres marchés
restent nombreuses. Et indispensables, pour vendre, se faire connaître
mais également rencontrer les clients. Car le magasin n'est pas
très fréquenté. Daniel se souvient avoir été
porté lui-même un colis chez un client habitant derrière
l'église, à deux pas. La commande avait été
passée sur le web...
